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vendredi 15 janvier 2021

FC Barcelone : Quel président pour la relance économique ?

Quel président pour la relance économique

Le club azulgrana a officialisé cette semaine les candidats qui lutteront pour la présidence. Après le retrait d'Emili Rousaud, trois personnalités sont maintenant en course pour les élections. Joan Laporta, Víctor Font et Toni Freixa, chacun a élaboré son plan stratégique pour sortir le Barça de la crise économique actuelle.


La tâche sera loin d'être facile. Les candidats en lice en sont bien conscients. L'ancien président Josep María Bartomeu a laissé derrière lui un héritage économique difficile à défendre et lourd à porter pour le futur boss du club. D'abord, l'équilibre budgétaire de la saison en cours est loin d'être ficelé en raison des incertitudes qui entourent la situation sanitaire et économique. Ensuite, les projets entamés lors du mandat de Bartomeu sont loin d'être finalisés alors que l'endettement du club a atteint un seuil plus que critique. Accélérer l'Espai Barça, revoir le Barça Corporate, maximiser les revenus du Barça Digital Vision, des projets que le précédent conseil avait déjà mis en place et sur lesquels les trois prétendants comptent s'appuyer pour relancer la machine économique blaugrana.


Un budget toujours flou


S'il y a un point sur lequel on peut trouver le même son de cloche entre les trois candidats, c'est le budget de la saison en cours. Afin de l'équilibrer, l'actuel gestionnaire du club, Carles Tusquets, a négocié une baisse et un report des salaires avec le personnel. Au niveau des joueurs, l'accord est de 172 millions qui seront déduits de la masse salariale et différés pour les trois prochaines années. Malgré ces mesures, le Barça ne semble pas encore voir la rentabilité qu'il attend le 30 juin prochain après le déficit de 97 millions d'euros l'année dernière.


La semaine dernière, le média économique 2Playbook a annoncé que le club a encore revu ses recettes à la hausse. Les 826 millions d'euros approuvés par le précédent conseil ont augmenté de cinq millions. Le pessimisme sur la situation sanitaire fait que le club ne sait pas encore où se situer par rapport aux revenus attendus. Le marché des transferts est plus que tiède pour ne pas dire froid, tandis que la réouverture du Camp Nou devient de plus en plus une illusion.



Des faits qui n'ont pas échappé Victor Font qui voit déjà un déficit de 100 millions d'euros à venir alors que le comité de gestion est optimiste pour un bénéfice net de 1,2 million d'euros. La raison qui pousse Font à envisager de nouveaux chiffres rouges est notamment le Barça Corporate qui n'arrive toujours pas à trouver un investisseur, comme l'a planifié le conseil de Bartomeu. De ce fait, pour le candidat, une restructuration des dépenses et un refinancement de la dette à court terme sont nécessaires pour éviter de dépendre de la vente de joueurs.


Font : Une relance basée sur deux piliers


L'homme d'affaires a déjà la tête pensante de son projet économique. Il s'agit de Carolina Fabregat, co-fondatrice et directrice Food Haven, une entreprise barcelonaise spécialisée dans la livraison de nourriture. Victor Font base son plan de relance sur deux piliers : un état des lieux de la situation économique, qui comprend notamment l'audit de l'Espai Barça et l'établissement d'un business plan pour démontrer que le Barça peut être compétitif tout en maintenant son modèle actuel.


Victor Font propose un business Plan choc
Crédit photo : Marca


Le modèle actuel sous-entend un club détenu par ses socios. L'engagement avancé par le candidat est « une gestion rationnelle des dépenses et de nouvelles sources de revenus qui devront permettre d'atteindre les 1 400 millions de revenus à la fin de son mandat ». Pour cela, le Barça Corporate sera une nécessité car il compte renégocier le business de cette méga-structure afin d'obtenir des revenus plus élevés que ce que l'équipe de Bartomeu avait avancé.


L'autre atout que Font garde sous la manche a été déjà lancé début 2020. Il s'agit du Barça Digital Vision qui vise à « monétiser les 400 millions de fans qui suivent le club à travers le monde ». Une entreprise qui sera directement gérée par le club, sans intermédiaire, avec trois lignes principales : contenu audiovisuel, merchandising et e-commerce, et e-Sport.


« Nous allons évoluer vers un club total, qui va au-delà de la vision traditionnelle du football. Le Barça doit être un acteur clé de l'industrie mondiale du divertissement ; un club où la production de contenus contribue au succès sportif et vice-versa », a souligné Font.



En somme, l'idée de Font est de repenser la structure économique et le modèle commercial et de les adapter aux besoins et opportunités offertes par l'industrie du divertissement et le monde numérique. La finalité de cette stratégie est de générer entre 100 et 200 millions de profits d'ici la fin de son mandat. Toutefois, le fer de lance devra être l'Espai Barça. Le nouveau Camp Nou et le Palau Blaugrana sont un « besoin urgent ». Ce que Laporta reconnaît aussi dans son programme.


Laporta : Sponsoring, Espai Barça et soutien économique des socios


L'ancien président a élaboré un plan basé sur trois axes principaux : une revue du sponsoring, l'émission d'obligations pour freiner les tensions de trésorerie et générer des liquidités, et la rénovation du Camp Nou dans le cadre de l'Espai Barça. Pour lui, la relation avec les sponsors doit être plus étroite ce qui favoriserait une augmentation des recettes dans ce domaine, qu'il fixe à 250 millions d'euros en trois ans.


Laporta mise sur l'émission d'obligations pour assurer la trésorerie
Crédit photo : Eurosport


En ce qui concerne les obligations, Laporta propose deux émissions, l'une via le régulateur du marché des valeurs (CNMV), à rembourser en 2023 et l'autre destinée aux socios et aux fans. La deuxième option repose sur la volonté et permettra aux supporters de participer aussi à la relance économique du Barça. Toutefois, le candidat dont, Jaume Giró, directeur général de la Fondation bancaire La Caixa sera le responsable du projet économique une fois élu, souligne que ces obligations ne confèrent aucun droit à leurs détenteurs sur la prise de décision dans les affaires du club.


En outre, la gravité de la situation selon lui, réside dans le budget laissé par le précédent conseil d'administration, qu'il juge trop optimiste. « Le conseil sortant a placé les revenus à 781 millions d'euros en se basant sur une fréquentation des stades à partir de décembre et une réouverture totale en février. Ces prévisions ne se sont pas réalisées, donc le budget devra être réduit de 15%, jusqu'à 650 millions d'euros », a-t-il expliqué.


Toutefois, comme la situation économique exacte du club n'est pas encore entièrement connue, l'ancien boss du Barça ne s'avance pas trop dans des explications détaillées de son projet. « Un audit sera nécessaire » et « l'urgence sera de mettre en place des mesures pour régler la dette, contrôler dépenses et augmenter les revenus », a argumenté l'avocat.



Par ailleurs, tout comme Font, la finalisation du « Nou » Camp Nou sera priorité pour lui car il considère que « le club est en retard par rapport à des concurrents comme le Real Madrid, le Bayern ou le PSG, qui ont déjà un stade opérationnel ou en cours de rénovation ». Le Camp Nou génère 25% des revenus du Barça et Laporta en attend encore plus. La même musique s'entend aussi chez le troisième et dernier candidat.


Freixa : Augmenter les revenus, maîtriser les dépenses et revoir la politique sportive


Pour sa part, l'avocat Toni Freixa promet d'accélérer les travaux de l'Espai Barça dès le printemps, car il s'agit d'une source de revenus que le club ne peut plus  laisser de côté pendant longtemps. Le nouveau Camp Nou doit être inauguré au plus vite, avec un stade « plus attractif et plus rentable ». Dans un entretien accordé au média économique Palco23, Freixa livrait son analyse de la situation économique en ces mots : « Le Barça a terminé 2019/2020 avec des dépenses supérieures aux revenus, des pertes importantes et une dette qui a fortement augmenté. En outre, un projet immobilier comme l'Espai Barça engagé depuis 2014 n'a pas encore démarré ».


Freixa envisage d'accélérer l'Espai Barça
Crédit photo : Marca


Il n'a pas manqué non plus d'égratigner la gestion sportive entachée de mauvaises décisions qui ont eu « un impact sur l'équilibre du club ». Selon lui, si le club a du mal à supporter sa masse salariale c'est parce que « les investissements dans le recrutement de joueurs ne sont pas traduits par des résultats ». En ce sens, l'analyse de Freixa du mandat de Bartomeu est sans retenue. « Le club était rentré dans une logique démunie de sens : la volonté d'atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires pour au final se retrouver avec un faible bénéfice de sept ou huit millions d'euros sauvé par des opérations de rééquilibrage ».


Selon le candidat, qui a argumenté que cette obsession du milliard n'était qu'un prétexte pour faire face aux engagements de paiement et aux charges très élevés, la relance doit passer par une réinvention des sources de revenus. Son plan est de maximiser les revenus de la publicité sur le maillot, de signer un partenariat pour la fabrication des maillots et de redéfinir le sponsoring des autres sections du club. Le marketing est donc la clé.



Concernant les mesures économiques à mettre en place sur le long terme, Freixa avance qu'il ne croit pas aux miracles. Une politique de rationalisation des dépenses dans tous le domaines est nécessaire. À cela, s'ajoute une augmentation rationnelle des revenus. « Il n'est pas normal que le Barça ait une masse salariale de 600 millions d'euros, alors que le Real Madrid est à 400 millions » a-t-il ajouté.


La campagne pour la présidence du FC Barcelone est lancée. Les trois candidats sont prêts à reprendre en main un club qui, selon les dernières données officielles, traine 820 millions d'euros de dettes sans compter le financement de l'Espai Barça estimé à 815 millions d'euros par le conseil d'administration de Josep María Bartomeu.



Crédit photo de couverture : BeSoccer

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