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mercredi 28 avril 2021

2019/2020 : La saison de la récession de la Premier League

Timo Werner lors du match Chelsea West Ham, Premier League Saison 2020/2021

Chelsea a tiré son épingle du jeu avec un bénéfice net 37,3 millions. Pendant ce temps les pertes financières moyennes se chiffrent à hauteur de 66 millions. 30% du déficit est à mettre sur l'ardoise du Big six, avec Manchester City en tête de gondole.


La richesse ne protège pas de tout, et la Premier League en en fait l'expérience au cours de la saison 2019/2020. Avec ses près de six milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2018/2019, la compétition britannique a subi de plein fouet les effets de la pandémie un an plus tard. La Covid-19 a laissé un trou de 1,07 milliard d'euros (925 millions de livres) d'après les données de 2Playbook.


Plus d'un quart du déficit de la Premier League provient du Big Six


Avec ces énormes pertes financières, les gros clubs de ce championnat ne sont pas restés les bras croisées. Car, il y a à peine une semaine, ils faisaient partie des douze mutins qui ont tenté de forcer la création de la Super Ligue. Une rébellion, bien tentée, mais qui n'aura duré que quarante-huit heures à cause de la levée de bouclier du monde du football et de ses instances officielles. La raison de ce coup de force se trouve peut-être derrière les chiffres rouges que le dénommé Big Six a laissé en 2019/2020. Liverpool, Manchester United, Arsenal, Manchester City et Tottenham représentent 30% du déficit de la Premier League la saison dernière.


Pour comprendre l'ampleur de ce déficit, il suffit de se tourner vers les autres championnats concurrents de la Premier League. Les 320,7 millions d'euros (275,6 millions de livres) de pertes subies par le Big Six dépassent de loin l'ensemble du déficit de la Bundesliga lors du même exercice. La ligue allemande a enregistré des chiffres rouges à hauteur de 213,4 millions d'euros. Du côté de l'Espagne, LaLiga a fait mieux avec un trou de 19,9 millions seulement.



Malgré cela, la Premier League a été le grand animateur - pour ne pas dire le seul - du marché des transferts de la saison 2020/2021. Les clubs anglais ont investi 1,41 milliard d'euros dans le recrutement de joueurs alors que la totalité de la saison se déroule actuellement à huis clos. Pour chaque mois, cela représente un manque à gagner de 110 millions d'euros et aussi un fort ajustement des droits TV de 336,6 millions d'euros (291 millions de livres).


Selon les comptes consultés par FootEspagne, le club qui a le plus souffert économiquement en 2019/2020 est Manchester City. Le fleuron du City Football Group a clôturé son exercice avec un trou de 148 millions d'euros (126 millions de livres). Son chiffre d'affaires s'est contracté de 10%, jusqu'à 563,4 millions d'euros. Une chute que les dépenses n'ont pas amorti, car sa masse salariale a augmenté de 11%, jusqu'à 414 millions d'euros. Dans le même temps, les amortissements pour transferts ont connu une hausse de 15,2%, 172 millions d'euros, par rapport à la saison précédente. Un coup de frein pour les Citizens qui mettaient fin ainsi à cinq années consécutives de rentabilité.


Les chiffres rouge de City doublent pratiquement ceux de son dauphin dans le classement. Les Spurs de Tottenham ont perdu 78,8 millions d'euros (68,6 millions de livres), tandis le rival, Arsenal, a terminé 2019/2020 avec des pertes sèches de 54,9 millions d'euros, (47,8 millions de livres). Pour sa part, le champion en titre, Liverpool, a rendu public ses résultats financiers mardi avec un déficit de 52,9 millions d'euros (46 millions de livres).


Les Reds ont vu leur chiffre d'affaires baisser de 8%, jusqu'à 563 millions d'euros, malgré une belle progression de leurs recettes commerciales. Grâce à la victoire en championnat et l'ouverture de points de vente supplémentaires en Asie suite au titre européen il y a deux ans, le département commercial a facturé 249,3 millions, soit 15,4% de plus par rapport à la saison précédente. Une croissance qui a permis d'atténuer l'effondrement des recettes audiovisuelles qui ont baissé de 22,6%, jusqu'à 232 millions d'euros.


Toutefois, tout n'est pas rouge chez les grosses écuries de la Premier League, la lumière est provenue de Chelsea, le club qui a évité les effets de la pandémie la saison dernière. Paradoxalement, les Blues ont retrouvé la rentabilité au moment où la grande majorité des clubs européens sont en grande difficulté. Le club londonien a gagné 37,3 millions d'euros (32,5) millions de livres alors qu'un an plus tôt, il laissait derrière lui des pertes record de 108 millions d'euros. Malgré ce grand bond en avant, le club a laissé entendre que si la crise n'avait pas eu lieu, il aurait enregistré un chiffre d'affaires et un bénéfice record.


Un déficit moyen de 58 millions


Au-delà des actuels six grands du football britannique, l'économie de la Premier League a fortement chuté. Contrairement à ce qui s'est passé en Liga ou en Bundesliga, où les clubs de milieu de tableau ont pu résister à la crise grâce à la télévision, dans la ligue anglaise, cet effet n'a pas eu lieu.



Par conséquent, Aston Villa, par exemple, a enregistré des pertes de 114 millions d'euros (99,2 millions de livres). Parmi les autres clubs qui ont le plus souffert, on peut citer Southampton, 87,5 millions d'euros ou encore Brighton & Hove Albion, 77,2 millions d'euros. À défaut de connaître les états financiers de Newcastle, Norwich, Watford et Burnley, le déficit moyen des clubs anglais situent aux alentours de 66,5 millions d'euros, en 2019/2020. En dehors du Big Six, la seule équipe qui est parvenue à réaliser un profit est Sheffield United, avec un bénéfice de 20 millions d'euros.


À ce stade, une autre comparaison avec d'autres ligues. Deux des demi-finalistes de la dernière Ligue des Champions, les clubs français du PSG et de l'Olympique Lyonnais ont enregistré des pertes de 125,8 millions et 36,5 millions d'euros, respectivement.


Une crise déjà entrevue avant la Covid-19


Bien qu'il soit clair que la pandémie a accentué ce coup dur, la vérité est que la Premier League a traîné des pertes dès le début de la saison 2019/2020. L'exercice 2018/2019 s'est clôturé avec 189,6 millions d'euros (165 millions de livres) de déficit, mettant ainsi un terme à une croissance notable au cours des cinq années antérieures.



En 2018/2019, le résultat net du football anglais a baissé de 689,5 millions d'euros (600 millions de livres), après avoir réalisé un bénéfice avant impôt de 490 millions d'euros (427 millions de livres) l'année précédente. Les plus-values des transferts ne permettaient plus d'amortir l'augmentation des amortissements des transferts et une masse salariale en croissance année après année, selon les données de Deloitte.


Pour le moment, il n'existe pas d'accords communs connus pour le report des salaires des équipes premières des clubs, comme cela a été le cas en France ou en Espagne. Avec ce scénario, le Big Six a négocié il y a un mois son entrée dans une hypothétique Super Ligue de plusieurs millions d'euros et une augmentation garantie de leur chiffre d'affaires. La pression populaire les a obligés à faire marche arrière, et qui sait, s'ils devaient suivre les traces du Bayern Munich et se concentrer sur le contrôle des dépenses au lieu de chercher à augmenter leurs revenus.



Crédit photo de couverture : Premier League

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